MIR

NAVIGATION DANS LES LIMBES OCÉANIQUES

J’ai rencontré deux filles au Sri Lanka. Elles m’ont parlé du bateau sur lequel elles étaient, le MIR, qui étudie les baleines et les dauphins au large des côtes du pays.

J’ai tout de suite accroché a cet idée. J’ai écrit un e-mail aux responsables de l’expédition et je ne leur ai pas laissé d’autre choix que de m’accepter. Ils ont bien voulu me rencontrer (mais pas m’emmener avec eux) un mois plus tard.

Je me suis envolé pour le Népal pendant deux semaines. J’ai traversé la frontière dans le nord de l’Inde pour passer 10 jours sans un centre Vipassana, puis je suis retourné au Sri Lanka (un trajet ridicule de 24h et 4 escales) pour rencontrer les responsables de l’expédition en bateau sur la côte sud du Sri Lanka.

Après les vols et deux jours de bus et d’auto-stop, je suis arrivé au bateau avec une heure de retard. Ils ont donc décidé de ne pas m’emmener.

Enfin… ils m’ont quand même parlé… et ensuite ils m’ont engagé.

Ils m’ont testé pendant deux jours. J’étais moi-même – je disais tout ce que je pensais, je les bombardais de questions et intervenais quand j’estimais que quelque chose était injuste. Ils ont décidé de me virer.

Je suis resté debout pendant des heures pour leur écrire une lettre et organiser mes pensées. Nous nous sommes réveillés, je leur ai lu la lettre. Ils m’ont gardé.

Nous avons traversé le Golfe du Bengale. Ça nous a pris deux semaines, depuis le Sri Lanka jusqu’à la Thaïlande. On m’avait prévenu que le golfe était l’une des mers les plus déchaînées du monde. En fin de compte, nous avons eu la mer la plus calme qui puisse être.

J’ai mangé certains des meilleurs plats que j’aie jamais goûtés, sur le bateau. Petits-déjeuners anglais, currys, purée, saucisses, gâteaux et pain cuits sur le bateau, légumes sautés, suivis plus tard de burgers, barbecues…

Bière, rhum, champagne…

(Il y avait ?) Un écran plasma, la meilleure collection de livres que j’aie jamais vue (exactement comme je les aime), un piano, des xylophones et une batterie…

Mais aussi les personnes les plus coriaces que j’aie jamais rencontrées, le capitaine et sa partenaire – Laser et Gaie – forment un couple harmonieusement explosif. Ils vous critiquent jusqu’au plus profond de vous, mais ils sont de bon, même d’excellent, conseil.

Tout le monde ne peut pas le supporter. Tous les membres de l’équipage précédent, sauf un, avaient démissionné avant la fin de leurs contrats.

Développement personnel accéléré. On n’obtient rien sans peine.

La dynamique sociale sur le bateau est intense. Sept personnes, ensemble 24h/24, 7j/7. Les tensions et les frustrations abondent. Beaucoup se résolvent, mais le reste, s’accumulant et après un certain temps, explosent. d’autres s’accumulent, et si on leur accorde suffisamment de temps, explosent.

Au cours du voyage, il y a eu environ cinq jours consécutifs pendant lesquels des dauphins nous ont rendu visite. J’ai partagé des moments mystiques avec eux, stimulé par ce livre incroyable que j’étais en train de lire : Mind in the Waters de Joan McIntyre.

Revoir la terre était surréaliste. Nous avons jeté l’ancre, puis nous sommes restés deux semaines en Thaïlande. Une à Phuket, pour nettoyer le bateau et faire le plein, et une à plonger.

Notre prochaine escale s’est faite sur l’île de Langkawi, en Malaysie, un paradis duty-free où nous avons rempli nos stocks d’essence et d’éthanol.

Le voyage s’est terminé à Singapour après cing jours à traverser le Détroit de Malacca, l’un des passages maritimes les plus empruntés du monde, après des semaines dans les limbes océaniques.
Pour plus d’informations à propos de l’évènement particulier dans la vie du couple qui a déclenché tout cela, visitez le site de Biosphere.

C’est fascinant – l’expérience à laquelle le couple avait participé il y a déjà quelques décennies de cela. Ils avaient passé plusieurs années a préparer et organiser une expédition sur Mars afin d’y créer un écosystème. Les standards des astronautes sont difficiles à atteindre.