Fiançailles kirghizes

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Fiançailles kirghizes

Ecrit par Nina

Le monde se lève tôt. Je décide de quitter le merveilleux état de sommeil que mon corps réclame et me lève. La cour de la maison s’est transformée. Des membres de la famille sont déjà assis autour des tables qui commencent à être garnies. Je me dirige vers la cuisine où j’espère aider un peu. Peter se dirige vers les hommes.

Alors que je pénètre dans la cuisine, deux femmes en sortent à grande vitesse avec des plats pleins les mains. Un peu déboussolée, je regarde autour de moi. On remplit des assiettes de nourriture préparée la veille; samsy (viande et oignons entourés de pâte feuilletée,  similaires aux samosas indiens), crêpes remplies de quelque chose de blanc et sucré, salades, mélanges de légumes cuits, des sortes de chouquettes couvertes de crème chantilly, baursaks (petits pains frits ressemblant aux churros ou aux you tiao chinois), donuts.

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Les tables sont garnies avec goût de ces mets venant de deux cuisines et très rapidement, je n’ai plus rien à faire. Alors que les femmes de la maison, la fiancée inclue (!), s’affairent aux derniers préparatifs, comme rajouter des plats aux tables déjà remplies et poser bols, cuillères et baguettes, on m’invite à manger un bol de Laghman. Je m’assieds à la table principale où Peter et des enfants ont déjà entamés leur bol. Enfants, hommes et femmes prennent des shifts pour manger avant que les invités arrivent.

Quand ils arrivent, les salutations sont lancées. Les hommes se serrent la main, les femmes se font la bise 1x,  puis chacun se rend aux tables réservées pour chaque sexe: dans la cour pour les hommes et dans un des salons pour les femmes. Les femmes et filles de la maison courent dans tous les sens pour servir le thé et du Laghman. Je suis les femmes jusqu’au salon.

Assis sur des Toschok (tapis utilisés comme matelas ainsi que comme sièges lors des repas) les conversations vont bon train.

Je discute avec une fille de 18 ans, habillée d’une magnifique robe à manches longues qui tombe jusqu’aux pieds. Elle est en velours vert pomme et a de rares motifs dorés. Un style simple et magnifique que j’ai remarqué chez les femmes de la fête ainsi que dans les rues. Elles s’habillent, en général, en accordant la couleur de leur voile avec des robes longues de couleurs vives, mais les variétés de styles sont infinies.

La fille avec qui je converse est mariée et rêve de voyager. Son mari a 33 ans mais « il fait beaucoup plus jeune », me dit-elle. Elle me demande si je suis mariée, puis m’explique qu’en tant que femme de 25 ans non mariée, on te considère comme vieille et indésirable. Seulement deux femmes dans sa famille ne sont pas mariées. Une par choix et l’autre parce qu’elle a dû s’occuper des enfants de sa sœur jusqu’à un âge avancé. Gulbarchyn, une fille qui nous à hébergés à Bishkek, n’a pas une seule de ses amies qui n’est pas mariée. Quant à elle, à 24 ans, elle ne l’est pas, n’aimant pas les manières dominatrices des hommes qu’elle côtoie. Du côté de sa famille, elle a subi beaucoup de pression, dû à l’incompréhension face à son choix.

Donc la grande majorité des filles et femmes avec qui j’ai eu l’occasion de discuter sont mariées, la plus jeune s’étant mariée à 17 ans. C’est très étrange de côtoyer des gens qui sont de mon âge, voir plus jeune, mais qui, de par leur statut de femme mariée et de mère d’un ou plusieurs enfants, représentent d’habitude pour moi des adultes aux expériences et vies établies.

Soudain, tout le monde se précipite vers la fenêtre, puis vers l’entrée. Je les suis, mon estomac plus que rassasié et mon esprit nourrit. Des vans se parquent à l’entrée. Les coffres sont remplis de cadeaux venant de la famille du fiancé, dans des sacs en plastique bleu, dans des boîtes en carton et dans des paniers.
Ces cadeaux sont acceptés par les différentes familles en échange d’argent, qui servira à acheter des cadeaux pour la mariée.

Une chaîne de femmes s’organise pour amener le tout dans la maison.

Alors que je fais plusieurs allez-retours, le rôle des sexes est vraiment frappant. Les femmes portent les sacs dans la maison alors que les hommes retournent tranquillement vers les tables. Cette séparation est vraiment nette dans toutes les situations de la maison. Pas un homme n’aide à faire à manger, nettoyer ou débarrasser la table, alors que les femmes sont surchargées et ne s’arrêtent jamais. Une chose qu’ils font, c’est s’occuper des enfants. Par contre, je ne me rappelle pas les avoir vu changer les couches ou nourrir les bébés. Ce schisme des rôles ne m’est bien sûr pas inconnu, mais lire et parler de pays qu’on n’a jamais visités n’est rien comparé à la réalité des événements que j’ai vécus sur place. Le plus frappant est de voir que chacun accepte plus ou moins sa position et que bien que les femmes aimeraient avoir un peu plus de libertés, elle sont contentes de leur situation. C’est ce phénomène bizarre, mais finalement logique, qui fait que les Hommes préfèrent toujours ce qui est connu, le statu quo, aux changements. Un exemple frappant est cette étude faite sur deux groupes d’élèves aux Etats Unis: le premier groupe devait décider si oui ou non il acceptait l’augmentation du nombre de crédits nécessaires pour passer l’année de 32 à 38 et le second, s’il acceptait la baisse de ces crédits de 38 à 32. Dans les deux cas, les élèves ont préféré garder le statu quo et encore plus quand celui-ci était déclaré être une vielle tradition de l’école. En résumé, l’argument pourrait aller comme ça: le statut de la femme est historique et donc pourquoi le changer? Si cela a été comme cela pendant si longtemps, cela veux dire que ça marche et que c’est la bonne manière de faire, non?

Je retourne vers les vans où Peter et deux autres hommes se tiennent à l’arrière d’un d’eux. Dans le coffre, pattes attachées et ruban rouge autour du cou, une jeune chèvre se tient couchée sur le flan. Probablement une offrande qui sera tuée le jour du mariage.

Ne voulant pas tout de suite retourner dans le salon, où on me proposera à nouveau de manger , je reste un moment avec les enfants qui, comme dans toute culture, se débrouillent toujours pour éviter les formalités familiales et culturelles et trouver un coin où s’amuser. Je prends des photos d’eux et très vite, des groupes se forment pour être pris en photos. Ils courent se positionner, se figent pendant un petit moment d’impatience qui se lit sur leur visage, puis reviennent en courant se voir sur l’écran.

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La réaction des enfants face à une caméra est vraiment passionnante. Ils ne sont pas habitués à se voir et sont fascinés par l’objectif. Le plus drôle est quand un des petit garçons a essayé de voir à travers le trou de l’objectif en y collant son œil fermé, puis alors que j’essayais de lui expliquer comment faire, sans pouvoir me retenir de rire, il l’a refait avec un sourire béat.

En retournant à l’intérieur, je passe par la table des hommes alors que quelqu’un est en train de faire une prière. Tous les hommes ont leurs mains en position de prière, c’est-à-dire les mains recueillient comme pour retenir de l’eau. C’est également ce mouvement qu’ils font à la fin du repas: passer les mains sur le visage comme si on se l’essuyait et les rejoindre ensuite.

Alors que je vais chercher quelque chose dans mon sac, je trouve Aida et une amie non voilée (musulmane moderne, comme elle m’explique en rigolant) alors que tout le monde est à table. Mon regard est interrogateur et elle m’explique qu’elle ne doit pas se montrer. La tradition kirghize considère la fiancée comme un trésor avant le mariage et la famille doit la cacher aux yeux de tous (ici pendant la fête) jusqu’au jour du mariage. Donc elle reste assise dans sa chambre avec une amie en attente du départ des invités.

Je retourne au salon où on me réinvite à m’asseoir. Un nouveau plat a fait son apparition sur la table: du Plov, du riz frit avec des carottes et de la viande posée dessus. On m’en donne un plateau entier. C’est délicieux bien que je n’aie plus énormément d’appétit.

Une fois les invités partis, on range les tables. Il reste beaucoup de nourriture et tout est récupéré dans de grand plats. C’est la première fois que je vois quelqu’un, à par moi ;), récupérer chaque grain de riz avant de mettre les plats à laver. Certaines tables sont laissées garnies pour des invités qui arrivent tard, mais également, comme je l’apprends, pour le soir. Aida organise une fête entre filles, amies et cousines et elle me confie qu’il y aura même peut-être de la musique. Quand je lui demande pourquoi « peut-être », elle me dit que parce qu’ils sont musulmans, ils n’ont théoriquement pas le droit d’écouter de la musique autre que la musique religieuse et que les parents risquent de le leur empêcher. Alors que les femmes sont en train de faire la vaisselle, je me retire faire une sieste et profite du temps pour écrire un peu.

Quand je me lève, il reste deux heures avant la fête. Je retourne dans la chambre d’Aida. Aidée de son amie, elle se prépare pour la fête: robe, maquillage et voile. Je m’assieds sur un des fauteuils juste à l’extérieur où Alfiya, la cadette, me rejoint. Occasion parfaite! Je n’ai pas encore eu l’occasion de discuter avec elle.

Elle a 15 ans et est au collège. Quand je lui demande ce qu’elle veut faire après, elle me dit qu’elle veut aller à l’uni en ingénierie. En fait, c’est la seule des filles de la famille et des femmes avec qui j’ai parlé qui veut ET peut aller à l’université. L’aînée s’est mariée avant d’y entrer, la deuxième a dû aider sa mère à la maison et Ashiyana a arrêté dès qu’elle s’est mariée. Alfiya, grâce à ses sœurs, a donc toutes les portes ouvertes devant elle. Quand je lui demande si elle va se marier, elle fait référence avec un sourire, à un future lointain: « d’abord finir le collège, aller à l’uni et travailler quelques années, puis on verra ». Et cela transperce dans sa manière d’être. Fille adorable et simple, qui adore lire alors que les autres n’ont même pas de temps pour soi. Elle semble ne se soucier de rien. Elle parle comme toute suissesse le ferait de sa carrière universitaire et de son futur, ce qui, on le concédera, n’est pas habituel pour une fille au Kirghizistan. On ressent simplicité et possibilité, contrairement à la résignation et la contrainte qui transpercent quand la majorité des femmes, mariées ou prochainement mariées, me disent qu’elles voudraient retourner à l’uni. Un jour. Elles espèrent. Si on le leur permet.

Alfiya parle également de voyager. Je lui demande comment ça se fait que toute la famille veut voyager. Elle me dit que deux voyages dans les pays voisins ont donné à la famille l’envie de voir du monde. Récemment, toute la famille a cotisé pour acheter aux parents un voyage d’un weekend à Dubai. La surprise leur a été offerte le jour précédent leur départ. Les parents ont adoré. Alfiya m’explique que son collège offre des opportunités de partir à l’étranger et organise même des voyages pour les parents à des prix abordables pour la famille. Malheureusement, c’est sa dernière année au collège et cette année, ils ont le mariage d’Aida prévu à la même période. Alors que je lui dis qu’elle trouvera un autre moyen, elle soulève un autre problème: il n’est pas question pour elle de partir seule. Les filles doivent être accompagnées d’un homme de la famille, par sang ou par alliance, pour pouvoir voyager. Cela complique considérablement les choses, sachant que ses frères sont mariés et que les parents ne peuvent pas se libérer simplement pour l’accompagner, sans parler du fait qu’elle préférerait sans doute voyager sans eux.

Aida met finalement son voile. Je découvre toute une mode liée aux voiles, au volume des cheveux, aux styles de port du voile. Aida s’est mise un élastique énorme autour de son chignon pour créer du volume et faire plus joli sous le voile. J’observe autour de moi et remarque que les femmes portent toutes un voile qui couvre bien les cheveux et la tête et qui est porté serré, et un autre qui peut être porté selon la mode du moment.

Aida Et Son Amie.
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Aida et son amie.

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Deux soeurs, deux styles.

Les enfants ont le choix de porter le voile ou non jusqu’à l’âge de 9 ans, quand il devient obligatoire. Alfiya, parce que toute la famille portait déjà le voile dont ses deux sœurs, a commencé à le porter à 6 ans.

La mère s’est jointe à la conversation en souriant, acquiesçant et complétant les paroles d’Alfiya. Puis Amina, l’aînée des filles, entre et commence à parler avec la mère. Ashiyana ne tarde pas à venir, appelée, et une conversation se déroule dont je ne comprends rien. Je vois juste l’expression d’Ashiyana. Quelque chose ne va pas, mais la mère n’a pourtant pas l’air d’être en train de la gronder. Ashiyana part peu après et dès que je le peux, je m’éclipse.

Je la rejoins à la cuisine où elle et la femme d’Aziz, également sa meilleure amie, sont en train de préparer les derniers plats pour la soirée. Après un moment de résistance, elle me dévoile ce qu’elle a sur le cœur. Elle ne me racontera pas ce qu’il s’est passé et je ne lui demanderai pas non plus. Elle se sent surchargée et me raconte les difficultés qu’elle a dans sa vie de couple, ce qui me rappelle énormément un livre que j’ai lu sur la vie d’une famille en Malaisie. Un des thèmes du livre est la difficulté de s’affranchir des traditions instaurées depuis des générations et des générations et la souffrance que cela engendre.

Avec Ashiyana et Alim, c’est la position et le rôle des sexes. Je ne peux pas parler au nom du mari avec lequel je n’ai pas énormément discuté, mais la pensée reste intéressante tout de même. Pour les gens au Kirghizistan, le rôle de la femme est encore à la maison à faire les tâches ménagères et s’occuper des enfants. Si autour de lui tout le monde exige de sa femme de s’occuper de tout, car dans leur culture c’est ce qu’elles ont toujours fait (//statu quo), son mari, malgré toutes les bonnes intentions qui peuvent l’animer, aura tendance à se laisser aller de temps en temps en pensant que c’est normal, ou du moins se convaincre que c’est son droit. Du côté de la femme également d’ailleurs. Puisqu’elles sont ‘sensées’ pouvoir s’occuper de tout, elles peuvent finir par en faire trop, même quand ce n’est plus requis d’elles. Ce qui est difficile également, c’est que souvent les hommes n’ont pas les mêmes standards envers eux-mêmes et envers leur femme.

Je finis par apprendre que les deux femmes n’ont pas d’argent à elles, rien qui ressemble même à de l’argent de poche. Les salaires de tous les membres de la famille, sont versés directement à leur belle-mère, la trésorière de la famille. Lorsqu’elles veulent acheter quelque chose, rien que du shampoing ou du PQ, elles doivent le demander à leur belle-mère. Puis soit la famille le leur achète quand elle va au magasin soit elles reçoivent la somme nécessaire pour aller faire un tour au magasin elles-mêmes. Elles ne reçoivent rien pour des achats personnels.

Je ne sais pas si c’est comme ça pour tous les membres de la famille, n’ayant pas eu le temps d’étayer le sujet, mais ça l’est en tout cas pour les deux belles-sœur. Et cette question en amène d’autres. Les membres de la famille par lien de mariage ont-ils les mêmes droits que les autres ? Quelles libertés ont-ils? Quel genre de relation y a-t-il entre les membres de la famille et spécialement entre sœurs et belle-sœurs, puis avec les parents?

Je n’aurais pas réponse à toutes mes questions, car la fête approche et les invités vont arriver. Mais c’est sûr qu’on attend bien plus des belles-filles. Dans la cuisine, il y a encore pas mal de travail à faire, mais seul les deux femmes y travaillent. Elles y font référence, mais font comme si ce n’était pas grave. Mais je sens la frustration dans leurs paroles. La femme d’Aziz fini la lancée en me disant qu’il y a toujours quelqu’un pour trouver à redire sur tout ce qu’elle fait.

Il est très intéressant de voir cet aspect de la famille, car jusqu’ici elle semblait très unie. C’est le côté sombre existant dans chaque famille, qui nous rappelle que personne n’est parfait, mais que cela n’empêche pas un foyer d’être harmonieux. Ashiyana a un mari qui l’aime beaucoup et semble très bien s’entendre avec la majorité des gens. Je le verrai d’ailleurs lors de la soirée.

Une vingtaine de jeunes filles sont invitées à la fête et la table reflète la nouvelle génération très influencée par le mode de consommation occidentale: bouteilles de soda, Coca, pizzas, sandwichs, viennent s’ajouter à la collection de plats de la matinée.

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La majorité des amies d’Aida vient du cercle de l’école d’anglais, puisqu’elle n’est jamais allée à l’uni. Je me joins à leur table, mais ne peux suivre les conversations qui se déroulent en kirghize, car contrairement à la réunion de famille, c’est le choix de toutes d’être présentes et les conversations fusent entre amies. Une fille d’une des classes qu’on a visitée me traduit quelques bribes des conversations: garçons, potins, habits. Préoccupations identiques aux quatre coins du globe.

Plus tard dans la soirée, un échange de messages se fait entre une amie d’Aida et le fiancé. Il va arriver et bientôt de l’agitation amène tout le monde à l’extérieur… sauf Aida. On finit par m’expliquer qu’en échange d’une certaine somme, il aura la permission de la voir. A l’extérieur, un troupeau de filles avides des événements converge vers le fiancé entouré de trois de ses amis. Quelques filles, dont une des sœurs d’Aida et son amie qui lui a tenu compagnie durant l’après-midi, sont en première ligne et mènent les négociations avec énergie. Les garçons répondent avec tout autant de ferveur, sauf qu’ils n’arrêtent pas de rire, perdant ainsi leur crédibilité. Bien 45 minutes de négociations sont nécessaires pour que les deux groupes arrivent à un accord, soit la modique somme de 600 Soms (même pas 10 Frs). Mais le tour n’est pas encore gagné pour le genre masculin. Le fiancé doit encore traverser toute l’entrée de plus de 50 mètres pour atteindre sa bien-aimée qui l’attend, debout, dans la cour de la maison.

Et pour cela, un compliment à sa fiancée lui permettra, à chaque pas, de s’approcher de la fin de ses tourments. Tourments, oui, car il n’est vraiment pas doué. Trop timide ou ayant tout simplement rien à dire, je ne le vois pas ouvrir la bouche une fois. Ce sont ses amis qui déballent tous les compliments qui leur viennent à l’esprit, mais vous jugerez de leur imagination par le temps que cela leur a pris pour traverser : plus d’une heure… (Une heure!!!!!!). Bref, ils y arrivent finalement et les futurs mariés s’enlacent. Aida s’en ira, seule il me semble, avec les garçons et je ne la verrai plus de la soirée. Le lendemain, elle me racontera qu’ils sont allés au square Ala-Too, à Bishkek, pour prendre une photo de fiançailles (typique au Kirgizstan) puis qu’ils sont allés boire un soda (:D) dans un bar avant de rentrer chacun chez eux.

Aida et son futur mari sur le square à Bishkek.

Très étrange de devoir acheter et mériter sa bien-aimée pour qu’elle devienne sa fiancée. Est-ce la version moderne du kidnapping de la fiancée (acte violent et dégradant qui consiste à littéralement kidnapper sa future femme, même si les deux parties sont consentantes, pour l’amener à la fête qui la rendra femme) apparemment encore très pratiqué au Kirgizstan?

C’est sur ces événements que notre aventure chez les Kivasa se termine. Nous les quitterons le lendemain dans la matinée pour continuer notre voyage au sud. Tous mes mots ne suffiraient pas à décrire notre temps passé avec eux. Notre séjour chez eux a été le plus enrichissant de notre voyage et nous les quitterons avec regret. A force de sourires, même les personnes qui ne semblaient pas comprendre notre présence ont fini par céder à notre charme. Nous avons été intégrés pendant deux jours complets et à chaque fois que j’y repense, je me sens heureuse.

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